
Soulèvements
With Nicole Brenez, Judith Butler, Marie-José Mondzain, Antonio Negri and Jacques Rancière
Coedition Gallimard / Jeu de Paume
Exposition à Paris, Jeu de Paume, du 18 octobre 2016 au 15 janvier 2017
420 pages
Bilingual edition (English / French)
165 x 230 mm
01-9-2016
ISBN : 9782070196838
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«Une confiance d’enfant, une confiance qui va au-devant, espérante, qui vous soulève, confiance qui, entrant dans le brassage tumultueux de l’univers […], devient un soulèvement plus grand, un soulèvement prodigieusement grand, un soulèvement extraordinaire, un soulèvement jamais connu, un soulèvement par-dessus soi, par-dessus tout, un soulèvement miraculeux qui est en même temps un acquiescement, un acquiescement sans borne, apaisant et excitant, un débordement et une libération, une contemplation, une soif de plus de libération, et pourtant à avoir peur que la poitrine ne cède dans cette bienheureuse joie excessive…» Henri Michaux, L'Infini turbulent (1957).
Le Jeu de Paume confie la totalité de ses espaces au philosophe et historien de l’art Georges Didi-Huberman pour une grande exposition réunissant à la fois des oeuvres anciennes et contemporaines.
L’exposition « Soulèvements » est une interrogation sur la représentation des peuples, au double sens — esthétique et politique. Comme pour l’exposition « Atlas », Georges Didi-Huberman s’appuie sur le travail historique et théorique qu’il mène depuis quelques années en parallèle d’une série d’ouvrages intitulés L’OEil de l’histoire, dont les derniers affrontent la question de l’« exposition des peuples » ainsi que de l’émotion en tant qu’elle serait à ne pas exclure d’une anthropologie politique.
« Soulèvements » est une exposition transdisciplinaire sur le thème des gestes humains qui soulèvent le monde ou se soulèvent contre lui : gestes collectifs ou individuels, gestes d’actions ou de passions, d’oeuvres ou de pensées. Ce sont des gestes qui disent « non » face à un état de l’histoire considéré comme trop « pesant » et qu’il faut donc « soulever », si ce n’est envoyer balader... Ce sont aussi des gestes qui disent oui à quelque chose d’autre : à un monde désiré meilleur, un monde imaginé ou esquissé, un monde autrement vivable ou pensable.
Les figures du soulèvement sont déclinées sans hiérarchies de médiums : peintures, dessins, gravures, installations vidéographiques, photographies, films de fiction, images documentaires, manuscrits d’écrivains, tracts, affiches, etc. Le parcours de l’exposition suit un cheminement sensible et intuitif dans lequel le regard peut se focaliser sur des « cas » exemplaires traités avec précision, afin d’échapper à tout regard généralisateur. Le souci est de ne rien conclure, de ne rien reclore dogmatiquement. Cela à travers cinq grandes parties : éléments, gestes, mots, conflits et désirs. Avec des oeuvres de Daumier, Goya, Henri Cartier-Bresson, Germaine Krull, Käthe Kollwitz, Henri Michaux, Joseph Beuys, Gilles Caron, Marcel Broodthaers, Jean-Luc Moulène, Manuel Álvarez Bravo…
Introduction et essai principal de Georges Didi-Huberman, commissaire de l’exposition. Avec des textes de Judith Butler, philosophe, Antonio Negri, philosophe et homme politique, Marie-José Mondzain, philosophe, Jacques Rancière, philosophe, et Nicole Brenez, historienne et théoricienne du cinéma.