SOLEIL NOIR - Pétrole et art contemporain
Commissaires Morad Montazami, Madeleine de Colnet (Zamân Books & Curating)
Commissaire associée Caroline Courrioux
Artists :
Jananne Al Ani, Latif Al-Ani, Monira Al Qadiri, Ana Alenso, Ismaïl Bahri, Alessandro Balteo-Yazbeck, Bernd & Hilla Becher, Bernardo Bertolucci, Rossella Biscotti, BP, Alberto Burri, Aref El Rayess, Fouad Elkhoury, Joanne Farchakh-Bajjaly, Media Farzin, Mehdi Ghadyanloo, Lungiswa Gqunta, Robert Gschwantner, Jacqueline Hassink, Isabelle Hayeur, Romuald Hazoumé, Michael Hirschbichler, Alexandre Hogue, Nancy Holt, Linda Lamignan, Jumana Manna, Chloe Dewe Mathews, Anita Molinero, Anahita Norouzi, Robert Rauschenberg, Ed Ruscha, Shirin Sabahi, Behjat Sadr, Latifa Saeed, Zina Saro-Wiwa, Jessica Segall, Allan Sekula, Hassan Sharif, Robert Smithson, Jala Wahid, Hani Zurob
Villa Medici
09.10.2026 - 18.01.2027

Après Histoires de pierres, inspirée par Roger Caillois, puis Le Chant des sirènes consacrée à l’eau, cette nouvelle exposition aborde, à travers le pétrole, la question de l’œuvre d’art à l’ère du réchauffement climatique et de notre civilisation qui brûle.
Plus spécifiquement, l’exposition questionne l’impact du pétrole sur les pratiques artistiques contemporaines et sur nos imaginaires refaçonnés par la modernité. Conçue comme une exploration des rapports entre art et pétrole, elle réunit des œuvres qui interrogent la manière dont l’industrie pétrolière a conditionné les rapports de pouvoir entre le Nord et le Sud sur la base de l’extraction des ressources naturelles, notamment dans la période postcoloniale.
De l’implantation des raffineries, des pipelines ou encore des plateformes offshore, en passant par les révolutions, coups d’état, chocs pétroliers et catastrophes climatiques, c’est toute une histoire visuelle et critique de la pétromodernité qui est suggérée par les artistes de l’exposition – de Robert Smithson, Nancy Holt ou Robert Rauschenberg à Monira Al Qadiri, Zina Saro-Wiwa ou Ana Alenso. Le pétrole y apparaît moins comme une simple ressource que comme une force active, un ensemble de flux matériels et symboliques traversant les œuvres ; voire un système cosmologique, une dramaturgie d’éléments naturels ou chimiques qui influent sur la politique, l’économie, l’urbanisme…
L’exposition examine autant les stratégies des infrastructures pétrolières pour se rendre invisibles que leur mise en scène à des fins esthétiques ou idéologiques. Elle souligne la convergence entre les pratiques artistiques et les pratiques militantes qui se rejoignent face à « l’impérialisme fossile » selon les mots du penseur Andreas Malm, et pour envisager un monde post-pétrole.
Cette exposition est également le fruit du dialogue au long cours que la Villa Médicis entretient avec ses anciens pensionnaires. Elle prolonge les recherches menées par Morad Montazami, pensionnaire en histoire de l’art à la Villa Médicis en 2023-2024 où il a développé ses travaux sur les pétromodernités, aujourd’hui au cœur de cette exposition.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue co-publié par Zamân Books et la Villa Médicis. Il réunit un ensemble de textes inédits qui éclairent les thématiques abordées dans l’exposition à travers le regard de philosophes, historiens de l’art et chercheurs.
Textes de : Lotte Arndt & David Castaner, Laura Hindelang, Stéphanie LeMenager, Salar Mameni, Andreas Malm, Amina Adebisi Odofin, Justinien Tribillon.
Conception graphique : Walid Bouchouchi, Akakir Studio